La Société de Curiosités

PROJET

PROJET
Texte 1 : 01 Avril 2009, Paris

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Depuis Avril 2009, quelque part à Paris, vous êtes conviés à faire partie de la Société de Curiosités, un mode d’être ensemble avec les sons d’aujourd’hui, un réseau où, entre la profondeur et les hauteurs, on réédite la surface.

Vous y rencontrerez des situations d’échange et d’expérimentation des arts de l’image et du son.  La Société de Curiosités est un club privé non exclusif.

Quelques lignes des discussions en cours :

–Prendre toujours une idée ou une forme dans une autre : comment déployer, déplier un événement, en faire un dialogue, une occasion d’échange et d’expérimentation? Peut-on se dégager des conditions de production ? Ou : est-ce que faire un événement musical c’est être réduit aux conditions x ou y de la production ? Les contrepoints invraisemblables de la musique de la Renaissance reposaient sur le fait que les gens ne les entendraient, pour la plupart,  qu’une fois : il y avait pour ainsi dire un  oubli immédiat. Mais ceux qui faisaient ça étaient loin d’être des désespérés ; on peut tout supposer : une sorte de méditation sur le texte constamment renouvelée, que le fait de faire un événement avec du son touchait, pour eux, à la loi du monde… De même dans la musique ancienne, quand les interprètes doivent apprécier la justesse du temps, il n’y a pas de décisions technique sure, mais ils mobilisent ensemble un savoir : on sait que tel type de vitesse est liée au pouls par exemple. Au moment où le rythme devient convaincant aux yeux et aux corps ils disent : c’est ça ! De même, trouver quelque chose  « beau » est-ce forcément se référer à des critères du beau ? A contrario, si l’on se contente du jugement de goût, quel bénéfice d’apprendre aux autres de l’ineffable ?

–« Musiquer » : qui ça met en jeu ? Il y a une distribution générique qui se fait à notre insu : qu’est-ce que c’est qu’être assis dans une salle en écoutant des haut-parleurs sans bouger ? Qui fait de la musique, avec qui pour l’entendre ? Dans la « transaction musicale »  il y a forcément une mise en rapport de la musique avec des façons d’être ensemble. Mais faire de la musique d’une certaine façon pour qu’on l’écoute d’une certaine façon ne se résume pas au seul cas particulier et historiquement déterminé du compositeur qui écrit une œuvre à jouer dans une salle de concert, où l’articulation des liens forts entre œuvre, public, salle, produit une ritualisation sociale de l’accès à l’œuvre musicale.

Il faut se débarrasser de ces concepts inutiles : public, œuvre, salle de concert, institution… et voir ce qui reste : un espace, un moment, une distribution de places. A ce moment on peut s’interroger sur la définition des places, comment on les distribue, sur le lieu, le moment, et les agents – ceux qui ont fait quelque chose, ceux qui viennent écouter -,  ce qu’on vient écouter (qu’on est pas obligé d’apeller « œuvre »),  et se demander plutôt  qui musique, quel est le produit de cette activité et quelles sont les interactions qui se produisent, plutôt que ce qu’est la musique dans une société.

Suite :

Préliminaires à un premier bilan, (31 Juillet 2009)

Un ‘nouveau lieu’? : sur le nouveau / la culture et son ministère /

Brouillon d’une refléxion sur la situation de concert

Interview

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Avec le soutient de le société CABASSE, qui installe un système de diffusion en 7.1.

Pour en savoir plus, connaitre l’adresse et être membre écrire à: lasocietedecuriosites@gmail.com

La Société de Curiosités est un projet activé par Eric Perier et Alexandre Grauer.

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