Conversations

Lignes à tirer, bribes, vignettes, pièces déliées, une petite conversation de la grande conversation. A vos remarques!


 
Le nouveau est il simple à reconnaître?
La culture et son ministère
La musique
Prisonniers entre avoir une idée et faire quelque chose
Le parcours de Schoenberg
L’inouï n’est pas le n’importe quoi
Un des faux concepts d’aujourd’hui c’est l’expression main Stream
On doit acquiescer à du mélange
Pourquoi c’est une société ?
Occasions de sentir en soi la légitimité du contact avec l’art
Le rôle de la communauté qui écoute
Si quelqu’un a senti l’absence de frontière
Qu’est ce que ça veut dire ‘trop fort’ ?
Playlist : aimer comparer posséder
Une soirée

Le nouveau est il simple à reconnaître ? Ce qu’on appelle « nouveau » n’est souvent qu’une désignation de ce qui fait déjà partie de notre monde. On reste dans l’image et la reconnaissance : du nouveau on connaissait déjà tous les signes, et des experts en dressent des listes à partir d’un savoir auto-légitimé.
Est-ce qu’on entend aujourd’hui encore une sorte d’injonction intérieure au nouveau ? Et si oui : qu’est-ce que ça veut dire ?
Ne faudrait-il pas s’interroger sur notre capacité à reconnaître du nouveau ?

D’abord il faut dire que dans l’accumulation actuelle de choses nulles le problème n’est pas tant de discerner le bon du mauvais que d’avoir l’occasion de trouver des objets dont la rencontre va nous nous faire penser. Dans ces rencontres, la pensée est convoquée vers ce qu’on ne connait pas, ce qu’on n’a pas expérimenté. C’est, singulièrement et collectivement, la possibilité de prendre confiance dans ses propres capacités d’expérimentation, de chercher les mots pour en rendre compte et le partager, pour nos vies singulières, et pour un ensemble socialement organisé. Sinon on reste dans la position de celui qui pense sur les choses (parce que les choses, ne pensant pas par elles-mêmes, il faudra ajouter une dose de pensée qui va dire « ça c’est bien ça c’est pas bien », ou : « c’est nouveau »).

Cette émancipation doit se construire sur des choses affirmatives et inventives, ou bien on sera toujours dans des valorisations suspectes des choses « nouvelles », « alternatives »… dont on peut toujours se demander si ce ne sont pas des places déjà prévues par le discours et les institutions dominants.

Un des premiers pas c’est d’essayer de décrire la situation et de la connaître. Apprendre à décrire, avant de tomber tout de suite dans la prescription et l’espèce de fausse noblesse qu’il y a à montrer par où il faut passer pour s’en sortir. Comme si on le savait d’emblée.

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La culture, et son ministère. C’est un ensemble de mécanisme de captation et de régulation des pouvoirs de réseau par la concentration et la dispersion. Il s’appuie sur la manipulation des gens à partir du sentiment d’être à l’intérieur ou/et à l’extérieur des cercles autorisés, et de toutes façons, toujours subsumé par un réseau plus large. Tout y est réduit à des conflits de jalousie sur « qui en est » et « qui n’en est pas », avec des personnes qui centralisent ça, à la fois acteurs et observateurs, ayant, pour des raisons institutionnelles, un pouvoir qui ne se discute pas, soit parce qu’ils sont élus soit parce qu’ils sont dans des lieux de pouvoir, nommé par des élus, par exemple, ou faisant partie de l’endroit où les décisions politiques et financières se prennent. Les autres sont dans une position de subordination, mais on leur fait croire que leur position autonome vaut pour du pouvoir. Cela tient dans le pouvoir et la main de celui qui décrète et décrit en même temps : confusion de l’être et de l’avoir ; ceux qui dans ce système ont le pouvoir distinguent la fiction de la vérité.

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La musique. Pour préparer en soi une place à la musique il faut accepter d’avoir des occasions d’apprendre sur deux plans : l’expérience de l’écoute, et la recherche des mots pour en rendre compte, la comprendre, pour soi, et pour la partager.

Dans notre société, il n’y a pas de place naturelle de la musique. Il faut, singulièrement et collectivement, lui en inventer une.

Une des voies possibles, c’est de comprendre et de décrire la situation institutionnelle : comment on y acquiesce, comment on y participe, comment on peut la critiquer et quelles sont nos capacités d’invention et de constitution de places autres qui ne seraient pas dépendantes uniquement d’une prétendue résistance à l’institution : comment, positivement, constituer des places et des occasions pour sortir des oppositions trop simples entre imposition/inculcation et résistance.

Les musiques de masse ont permis une mise en route de toutes sortes de circuits chez des gens qui peuvent goûter cela de façon très raffinée. Il y a une action presque pédagogique ou propédeutique par la culture pop, clips etc., qui, en prenant au sérieux les capacités perceptives de chacun a ouvert des possibilités sonores, musicales et relationnelles.

Les relations interpersonnelles demandent une inventivité permanente.
L’inventivité relationnelle est susceptible de créer une maquette de relation sociale « sortable ».
Mais c’est là aussi où l’on s’aperçoit qu’il y a le maximum de résistances réelles.

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Prisonniers entre avoir une idée et faire quelque chose. Comme si on avait une idée puis on donnait forme. Prisonnier d’un platonisme primaire avec l’idée et sa traduction dégradée dans la réalité. Ou au contraire un privilège accordé à la possibilité de réaliser des idées qu’on qualifie d’abstraites. Si bien qu’on ne sait pas ce qui est dévalorisé, l’idée dans son abstraction ou sa réalisation. C’est absurde car il n’est pas sûr que ça soit aussi séparable que ça. Ce qui gouverne la séparation entre les idées et leur réalisation c’est peut être ce qui nous empêche d’agir autrement.  A partir de ce dualisme entravant, on arrive pas à penser les 2 choses en même temps alors que la vraie réalité est là, il n‘y a pas les mots les formulations et les gestes : c’est tout un. C’est pensable et dans la différence et dans le fait que c’est mêlé et noué.

Peut-être que le plus important serait plutôt de se dire : qu’est ce que c’est que raconter ensemble une histoire, ou faire ensemble une narration qui redistribue ce qu’on prétend être une donne.

Il faut peut être se penser dans un présent irrépétable en se disant qu’il n’y a pas de codage pré-éxistant et de loi d’encodage pré-existante, tout se fait ensemble.

La détermination provient de ce que chacun selon sa légitimité produit des énoncés et qu’on est dans la construction socialisée d’énoncés et d’actes. On est dans la répétition, ou les énoncés, les actes, et la place de chacun est déjà déterminée, alors qu’il y a un certain usage de la pensée qui repose aussi sur qui produit des énoncés, et qu’est ce que ces énoncés donnent par rapport à des gestes et des actes.

Il y a derrière le vieux problème de la définition d’une différence entre les idées et la réalité, mais d’une autre façon, autrement, la différence entre ceux qui pensent et ceux qui font, entre l’art et la vie etc.  Pour la musique il y a surement un lien très fort entre la différence qu’on fait entre la musique et du bruit et celle qu’on fait entre l’art et la vie, et entre ceux qui font de la musique et ceux qui écoutent, et ceux qui en parlent. Il y a une cohérence dans le réseau qui lie la façon de poser ces différences.  Par exemple on dira qu’il faut devenir actif dans sa consommation de l’art, il ne faut pas simplement être des gens qui écoutent passivement, mais ça présupose, et laisse non interrogé la question de l’activité et de la passivité. Est ce que ça ne vient pas simplement recouvrir une différence entre la légitimité de ceux qui font et ceux qui écoutent ?

Y a t-il danger du désordre pour celui qui fait, ce danger est il le même pour celui qui reçoit ?

Est ce un danger personnel, collectif, qui régule tout ça ?

Qu’est qu’il fait du désordre qu’il risque de provoquer chez les autres ?

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Le parcours de Schoenberg : Un rapport au passé très fort, mais se sent aussi à la pointe d’une tradition, cette tradition dont on se sent l’héritier pousse vers un but qui est sa transformation. Pour ça il offre le fait, pour le public, de se raccrocher à cette tradition (Wagner ou Brahms),  (art total, et rapport à la tradition, nostalgie et mélancolie du passé chez Brahms). Il se présentait vis a vis du public avec soit la façon de faire du spectacle à la Wagner ou Strauss soit la façon de se mettre en rapport avec du passé. Son innovation (société d’innovation musicale privée) reposait sur une exigence d’écoute induite par une séparation avec les façons institutionnelles de les écouter à l’époque) .  Faire de l’innovation en exigeant de l’attention pouvait faire éclater le rapport avec le public. A l’intérieur même de son innovation peut être fallait-il compter sur une écoute nouvelle, mais on devait l’aider en utilisant des cadres pré-établis pour permettre un accès, des portes d’entrée qui ne soient pas tellement exigeantes qu’elles en rendraient l’accès impossible.

On a dit qu’aux états-unis il avait fait un retour à des formes anciennes, mais il  a pensé qu’il fallait recréer un type de rapport avec le public, et passer par des formes d’accès qui dépendent de la tradition et des formes pré-établies mais qui tiennent compte de la nouveauté et de la transformation interne de son écriture. Il a donc fait appel à des points de rappel tonaux ou des formes connues, (poème symphonique) mode d’accès qui tenait compte de la réalité du public ; Il avait l’occasion de faire l’expérience d’une écoute autre en se fondant sur ce qui était commun. Non pas un retour à la tonalité mais une façon possible de créer un abord, un accès.

Il veut faire sauter des choses dans la perception et dans l’écoute et s’aperçoit qu’il y a quelque chose de dangereux, qui transforme aussi sa façon de se présenter face au public.

Une version du modernisme c’est que l‘oeuvre peut transformer la perception. Schoenberg a eu un parcours pour en arriver là. Il va d’un type de rapport au passé dans son écriture vers une sorte de possibilité de rentrer en contact avec le public sur des bases qui tiennent compte de ce qu’est la construction de l’oreille par la tradition et les possibilités de rencontre avec ce qui détruit et le mode de construction et les produits de la tradition.

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L’inouï n’est pas le n’importe quoi. L’autre problème culturel d’aujourd’hui, : sur quoi repose le jugement de goût, et comment savoir discerner ce qui ressemble beaucoup à des choses intéressantes et qui pourtant ne repose que sur des effets de marché : la grande ressemblance entre la merde et ce qui ne l’est pas.

Une des question de Deleuze sur le cinéma c’est une fois qu’on a essaie de penser tout ça on retombe sur le jugement, alors que la vraie question c’est : qu’est ce qu’un bon ou un mauvais film?

Qu’est ce qu’un film ou quelque chose dans un film peut m’apporter dans ma capacité de sentir et d’agir : « qu’est ce qui est bon pour moi », et pas simplement juger selon des critères artistiques. Ce qui pose banalement la question de la place qu’on accorde à ça dans sa vie…

Vieux questionnements : est ce que l’art ne s’adresse pas toujours a des privilégiés en croyant détruire la société sur laquelle repose ces privilèges ?

Sil n’y avait plus ces conflits y aurait il encore besoin d ‘art ?..ou dans ce cas la façon de vivre serait considérée comme un art ?

Il n’y aurait pas besoin de la transformation du dissensus en réflexion artistique ?

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Un des faux concepts d’aujourd’hui c’est l’expression main Stream. Ce n’est pas comme quand les théoriciens de Francfort se sont retrouvés à Hollywood et ont inventé l’histoire de l’industrie culturelle et des mass média. Et même en ajoutant Debord et Debray à grand coups de médiologie on a toujours rien compris à la situation d’aujourd’hui.

Le main Stream oblige à penser qu’actuellement beaucoup se contentent d’avoir une sorte de pensée mécano mélangeant toutes sortes de choses. C’est embarrassant, car peut-on acquiescer au succès mondial d’un film et lui trouver des qualités ? doit-on se sentir coupable de trouver des qualités à un objet d’industrie du cinéma ? face à des objets comme ça qu’est-ce qu’il faut penser ? est-ce à dire qu’il faut se précipiter chez des gens qui ont de l’argent pour y arriver ? ou bien qu’on y arrivera jamais ? Avant il y avait : ‘c’est de l’industrie on y va pas’. Maintenant c’est autre chose on a plus ces repères et face à ça on mélange des concepts qui étaient cohérents avec les repères en question et l’on fait des bricolages mous sans inventivité. En effet, trouver intéressantes des choses qui ressortissent de la production industrielle est ce suffisant ? de même le jeu du rapport à l’institution revient à savoir comment obtenir de l’argent desdites institutions et à créer une marginalité institutionnelle dépendante d’une contre image.

Comment sortir du monde institutionnel et dire ce qu’il faut constituer pour conjurer les effets institutionnalisant de ce qu’on est en train de créer ? Comment conjurer les effets institutionnalisants de ce qu’on est en train de faire ?

Comment constituer des parcours à l’intérieur du monde tel qu’il est ? qu’est ce que réellement jouer sur les places des uns et des autres pour réellement inventer des parcours ?

Au lieu de simplement s’adapter à des situations, qu’est ce  que c’est que jouer sur la façon dont les places sont distribuées et comment faire jouer ? qu’est ce qu’inventer un nouveau jeu de ces places en remettant en cause la façon dont elles sont distribuées ?

Il ne suffit pas de se mettre aux bons segments mais de remettre en cause les segments. On conteste le fait qu’il y ait des petits chefs mais on peut aussi se transformer en petits chefs. On peut créer de nouveaux labels mais on peut être un tyran de nouveau label.

On est dans l’adoration de Kerviel, mais on oublie que derrière il y a le capitalisme. Quel est l’usage fait du temps par le capitalisme, temps réel, vitesse absolue ? kerviel le malin qui a un savoir mathématique pour entuber tout le monde ? le plus intéressant est celui qui remet en cause activement les fondements de tout ça.

Quand on voit la façon dont beaucoup de penseurs deviennent des thuriféraires d’un monde de l’art soit disant éternel, après avoir été des critiques prétendument dérangeants, on peut penser que leurs critiques n’étaient pas intéressantes. (régis Debay, auquel on peut préférer de vieux réactionnaires type Fumaroli, qui ont une vision avec laquelle on peut discuter réellement, ou Levy Strauss.

Qu’est-ce que c’est que faire entendre des choses qui sont difficiles à reconnaître à l’intérieur d’un monde qui ne représente que des choses qu’on peut reconnaître, car fondées sur la même façon de construire les mêmes attentes, où l’on retrouve ce qui était posé dès le départ ?  Faire entendre de nouvelles choses, comment ça peut se faire ? : par la médiation ? ou bien la médiation est elle contraire à toute possibilité de découverte ?

Si je fais quelque chose qu’est ce qui va me garantir que je ne vais pas devenir une  institution?  De quoi faut-il se méfier en soi pour que ça n‘en devienne pas une ?

Conjurer ce n’est pas que conjurer des forces extérieures mais aussi et surtout ses propres attitudes.

- On doit acquiescer à du mélange : on sait qu’on peut être activé profondément, qu’on peut trouver de l’extraordinaire dans du banal. Ce qui et important c’est le ‘braconnage’ (de Certeau) ou le bricolage à partir de ce qui est proposé. On doit se défaire de l’idée qu’on n’apprend que du grand art, mais aussi qu’on apprend rien de l’art de l’industrie. Il faut mettre en avant les possibilités inventives de chacun. Et la validité a ses propres yeux du braconnage de chacun.

- Penser le rapport entre des œuvres, entre des pratiques, et notre rapport au monde.

Y a t-il une façon intéressante de penser le fait que ce qu’on essaie de construire pour rentrer en rapport avec une œuvre est un élément qui peut nous aider à participer à d’autres conversations sur la façon d’entrer en rapport au monde ? politique etc…c’est d’abord se défaire d’une sacralisation de l’art et d’une séparation très nette entre ce qui est l’art et le reste, pratique non sérieuse, distrayante ou au contraire tellement élevée que peu peuvent y participer.

Wittgenstein Schoenberg, berg ont été influencée par Karl Krauss : si on ne prend pas soin du langage on néglige le reste. Machine de guerre de quelqu’un de seul contre la destruction du langage par le journalisme.

(Dans un monde sonore…V. Segalen/ fata morgana)

(Sylvie et bruno de lewis caroll)

Pourquoi c’est une société ? formes musicales nouvelles et formes nouvelles de vie musicale. Zone d’expérimentation démocratique, la façon dont les gouts sont discutés, expérimentation dans un monde très déterminé par la centralité de l’institution la redéfinition de ce qu’est être un artiste dans la société. Pensée de l’autonomie et de l’indépendance, recherche d’un fonctionnement autonome au milieu de l’extrème dépendance financière et sociale. Non seulement ça sort des lieux de la cour et de l’église en même temps c’est l’apparition d’un nouveau public et la mise en circulation de discours différents, à la fois dans leur place et dans la façon dont ils se constituaient.

(Thimohi  j. Clark : the sight of death)

(Morale du grand siècle (poche) : Paul Benichou)

Pas de choses psychiquement mortifères mais des choses qui affirment la vie, aussi mince qu’un cheveu.

Muss es sein

Occasions de sentir en soi la légitimité du contact avec l’art. Non pas se dire : un jour je participerait aux valeurs élevées de l’art, mais ‘si je sens en moi la légitimité pour suivre une voie émancipatrice alors je peux augmenter mes capacités de sentir et de comprendre en rentrant en contact avec des oeuvres qui vont m’apporter plus que les objets de consommation courantes ou le fait d’être fallacieusement initié aux très hautes valeurs de l’art qui sont surtout posées comme inatteignables. Il y a une différence entre la médiation pédagogique et le fait de participer et d’expérimenter le contact avec une œuvre et les effets qu’on peut en tirer soi même. Et s’il y a une part de savoir je saurais comment l’atteindre, parce qu’on ne me l’aura pas désigné comme un but inatteignable. En partant du plaisir de la rencontre avec une oeuvre je peux trouver en moi même les moyens de la comprendre et de sentir en moi les effets de cette compréhension pour comprendre d’autres œuvres, les autres, ou le monde.

Alors que la pédagogie met en avant l’idée d’un accès qui est toujours à reprendre parce que quand on dit accès ça laisse entendre qu’il y a une frontière, ou un inateignable.

Le rôle de la communauté qui écoute.  Dans la pédagogie il y aura toujours le déchet de ceux dont on ne sait pas quoi faire et qui ne se sentiront jamais partie prenante avec ça.

On rigole de l’incompréhension de Sarkozy de la princesse de cleves, mais mis à part la connivence entre les milieux intellos, ceux à qui la princesse de cleves ne dit rien ne sont peut être pas à jeter. C’est grave de dire que les secrétaire n’ont pas à lire c’est grave, mais le fait de ne pas comprendre est grave, car tout le monde devrait s’interesser, alors qu’en réalité il y a des gens qui sont attirés par d’autres chose que la princesse de cleves. Prendre gout à la princesse demande d’abord de se sentir capable de la lre et esuite de faire l’effort de la comprendre vraiment.

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Si quelqu’un a senti l’absence de frontières, ou a senti l’absence de limites, le problème c’est que étymologiquement frontières c’est aussi bien la limite qu’on pousse de l’intérieur vers l’extérieur que la limite qu’on impose de l’intérieur pour que ça ne rentre pas.

C’est aussi la répartition ou partition, le découpage : le découpage doit il avoir une ligne organisatrice, avec par exemple un effet d’auteur, centralisateur, organisateur, hierarchisateur, ayant l’autorité pour tracer les frontières ?;..si il n’y a pas ça, après tout, ce n’est pas inintéressant. Mais faut il fuir l’égalité entre absence de frontière et absence de sens ?

Donc l’idée de comparer est corrélée à l’idée de hiérarchie..chacun ici ayant le pouvoir de la faire, avec le risque que chacun veuille imposer la sienne…

Il faudrait peut être réfléchir à ce que c’est de ne pas avoir d’auteur organisant les frontières.

Dans l’art romantique il y a le personnage très important du censeur, qui avait l’autorité de définir le rôle de chacun dans la société, son poids, sa place, l’étymologie d’autorité : vient d’augmenter, a aussi donné la racine au mot allemand signifiant pousser… : l’auteur garanti et l’homogénéité, l’unité d’un texte. C’est aussi le garant économique de la confiance, les droits d’auteur sont là !

La notion  playlist n’est pas si innocente, elle repose sur un procédé de hiérarchisation, c’est l’occasion de reconstituer un système de valeur.

Peut-on faire quelque chose qui soit plus critique sur la hiérarchisation et la notion d’auteur. Idée de braconnage : chasser hors des frontières, hors saison, pas sur ses terres. Quelqu’un qui fait des circulations inédites entre des frontières établies. Quand il y a des hiérarchisation spontanées comme ici, qui reconstituent les notions d’auteur cela peut il permettre de réfléchir à des modes de participation qui ne se passeraient cependant pas des gestes régulateurs, ordonnateurs, créateurs d’un ordre ou de forme, pas seulement dans la spontanéité mais une position qui ne reviendrait qu’à suivre un auteur ou une régulation unique. L’auteur ici apporte de l’ordre et garantit aussi l’imprévu, ou quelque chose qui ne corresponde pas uniquement à une provocation au classements préétablis.

Il n’y a pas de classement innocent, mais des usages plus ou moins liés à du préétabli non pensé, pris comme une sorte d’élément complètement naturel, ou naturalisé.

Etre un moment dans le déplacement des classements. Les notions de parasites, de brouillages sont intéressantes. Le parasite c’est aussi celui qui est un hôte, avec l’ambivalence du mot hôte. C’est aussi celui qui court circuite des circuits préétablis tout en profitant de ces circuits préétablis.

Franco fortini : je suis un hôte ingrat à ma langue. :

Qu’est ce qu’un geste aussi menu que classer, faire des hiérerchisation pour construire quelque chose, émission, soirée ?… parle de comparaison, frontière et limite est l’occasion de penser tout ceci. Nous sommes imprégnés d’éléments non pensés de notre culture.

On peut répondre que c’est utiliser un bazooka pour tuer les mouches mais on sait aussi qu’il faut une montagne pour accoucher d’une souris.

Car c’est avec ça et de ça qu’on parle.

On peut aussi se donner des occasions de ne pas être seulement des énonciateurs d’un système de signe tout fait.

On peut essayer de ne pas être seulement des répétiteurs mais aussi des énonciateurs conscients de se que c’est que les limites les notions d’orde, les énonciations. Dans ces domaines là il n’y a pas d’opposition simple entre les choses données et les choses absurdes. Il est faux de dire que trop de possibilités équivaut à pas de sens, il y a des situations intermédiaires ou des effets de sens peuvent apparaître malgré des effets de formes préétablies. Il faut un jeu avec les 2, c’est là où ça demande de la tension et du soin.

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Autre chose : qu’est ce que ça veut dire ‘trop fort’ ? Par rapport à une hiérarchisation qui associerait un volume trop fort à du dérangement, et donc à quoi on doit porter attention dans le son, y a-t-il quelque chose à travailler dans le fait qu’il y a des choses trop fort, car cela veut dire gêne inopérante, empêchement….peut-être aussi y-a-t-il dans l’idée d’étalonnage du son des choses à préciser sur les moments nécessitant de la précision et d’autres.

C’est bien d’arriver à transmettre ça comme ça, car c’est effectivement le but à atteindre.

Brecht faisait des traités pour chercher des recettes des procédures un peu farce pour trouver la vérité et il disait qu’une des voies c’était la ruse, car dans la recherche de la vérité on peut se trouver avec certains qui considèrent que la vérité est à eux et que pour la trouver il n’y a que leur geste : la ruse est justement quelque chose de très présent, dans l’antiquité Greque  il y avait la métis, mélange d’intelligence pratique, de pratique rusée, d’embrouille, en même temps valorisée comme que chose qui est aussi un des effets de la raison mais pas perçu comme un droit chemin obligatoire : ruse du chasseur, rue pratique du pêcheur qui observe que l’animal a lui aussi des pratiques sophistiquées, : c’est comme ça que sera définit l’amour par Platon, il a plein de ruses, il a la métis/ C’est celui qui n’es pas dupe mais qui sait qu’en même temps on ne peut pas assurer complètement sans devenir une sorte d’autorité, la position du non dupe. Le rusé sait utiliser le leurre : il sait qu’il peut lui m être leurré et être conscient de l’effet de leurre est une des voies possibles.

Il y a aussi une errance a vouloir supprimer tous les termes binaires, le binarisme c’est comme les gros meubles encombrant dont on ne sait pas quoi faire et qu’on est toujours en train de redisposer dans la maison. Il y a un nouage du binarisme et des oppositions qu’on peut déminer.

On  peut penser l’ordre par le désordre mais s’il n’y a pas de petit filet d’ordre sur le chaos c’est le chaos et on est pris dedans.

C’est une attitude à la Michaux, l’ivresse à l’eau froide….invention de son propre langage et de sa propre pensée, c’est garder l’enfant en soi, lutter contre l’adulte, ce qui se résume en conduite adaptative par rapport a un socle jamais interrogé qui devient naturel.

Aujourd’hui concept dangereux de transmission (des valeurs etc..)..le fond de tout ça n’est il pas de dire dans le fond qu’on veut transmettre pour que ça ne bouge plus, juste perfectionner, qu’en vérité on pense perpétuation et perfectionnement des choses données. Y a t-il une façon d’être attentif à ce qui est nouveau, et si c’est nouveau le problème c’est qu’on ne le connaît pas !

Revenir à l’ordinaire n’est pas seulement pour dire du commun : la langue produite collectivement pour dire des choses simples offre un processus de création permanent. L’attention à l’ordinaire n’est pas l’approbation du quotidien, persistance de l’ordre établi.  Le commun c’est aussi là où se batissent les possibilités de se parler.

Quand on fait quelque chose la question devrait être : a qui ça sert ? et non pas à quoi… : au sens où ce serait servir une cause déjà constituée, ou ceux qui vendent, qui ont intérêt a ce qu’on soit des perroquets, adaptés, prisonniers heureux de la caverne de Platon, de plus en plus virtuoses à reconnaître les marionnettes du théâtre d’ombres qu’on leur propose, suradaptés, subtils savants…

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Playlist : aimer comparer posséder

Lettres philosophiques de Voltaire : nivellement égalitarisme culturel des riches mais les différentiations culturelles elles aussi constituent cet ordre.

‘Comme s’ils étaient de la même religion ils ne donnent le nom d’infidèle qu’à ceux qui font banqueroute’. La bourse est un monde de foi : tu prêtes de l’argent à celui a qui tu te fies, tu fais du commerce avec qui tu as confiance. Une des raisons pour lequel le monde actuel a tellement de mal a se comporter vis a vis de la religion c’est peut être aussi à cause d’un mécanisme d’ignorance volontaire qui recouvre aussi un non savoir sur ce qui est le savoir des mécanismes qui font nos sociétés. Il y a un impensé très fort qui fait retour. La pensée de la démocratie a pu essayer de sortir de la religion elle essaie aujourd’hui d’y rentrer, contre le pouvoir exercé par le seul marché on essaie de s’appuyer, comme par un violent retour du refoulé sur les valeurs religieuses. On réactive un fond de croyance, dérive d’une idée des lumières de la religion civile, qui a donné cette présence étonnante du nom de dieu dans les textes constitutionnels américains..in god we trust…ce n’est pas un dieu assigné a une religion officielle mais un dieu assigné à une sorte de religion civile…le fond de religiosité primitive chez les nazis…l’orthodoxie des russes de la période soviétique…les sorties de Sarkozy…avec la petite monnaie que ça suppose, comme aller réclamer un chapelet de plus pour la famille de carla. C’est aussi dire ‘nous les politiques on est de bons gestionnaires, mais pour la morale aller voir le prêtre’ (mais que faire de l’immam). Les juifs ayant payé on ne parle plus d’eux…farcir le pays de religion…

Attitude morale et esthétique fondamentalement juste (Wilson, bresson) car il n’y a pas l’action prise ds un lieu mais on voit tj un bout du lieu avant qu’elle se passe.

(Bresson : le diable probablement)

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Une soirée : Suite de bouts sans que ça fasse quelque chose : et pourtant c’est un effet qui est celui de constituer un parours enre des choses forcément liées entre elles mais pas par une narration ou un fil directeur. Fragmentations.

Attention aux règles de bienséance, et de savoir vivre…ça s’enseigne se préserve et permet de distinguer (ceux qui savent et les autres…) : ça sert à fonder une description hiérarchisante en disant que celui à ne sait pas vivre…comme les énoncés : c’est vulgaire, c’est trop fort, ça fait variété…tout ce qui montre sa capacité à classer et le pouvoir distinguant, qui reviennent surtout à détecter ceux qui savent ou non classer, tout en distinguant ses propres capacité a distinguer….

Il peut y avoir,  à cause de ces histoire de frontières se demander ce qui fait frontière entre des façons de diffuser : qu’est ce que ça serait que de travailler sur le passage d’un type de son à l’autre.

Y-a–til un type de diffusion légitime, ou de penser qque chose qui ne soit pas étaloné et homogénéisé ou s’il y a qque chose, . l’espace inexploré entre des moments ou la parole s’échappe de son usage purement communicationnel, quelle différence entre le discours purement musical et le travail de la voix….on pourrait pt être imaginer une façon d’explorer le son herarchisé de la bande fm avec ses caractéristiques vis a vis des basses de la partie ahute des ons, l’homogénéisation des timbres par rapport à d’autres sons diffusés autrement, qui propduiraient un effet intéressant par opposition à ce son formaté.

Aider à désapprendre (Michaux) (il disait qu’il lui avait fallu toute une vie)

Un petit truc pour penser autrement se confrontant à la difficulté d’entrainer les autres vers ce type de réflexion..transmettre est le but dont vivre n’est que le moyen (pousseur) au contraire de donner des consignes pour que ça se perpétue.

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(en conversation avec Rémi Roche)

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Le projet de La Société de Curiosités (Avril 2009)

Préliminaires à des perspectives (Juillet 2009)

Brouillons d’une refléxion sur la situation de concert

Interview (Avril 2009)

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3 réponses à Conversations

  1. Coucou !
    Je voudrais recevoir votre newsletter et aussi vous proposer une expo d’un artiste collagiste :
    http:www.myspace.com/leolitha
    sont loin d’être tous sur le blog…
    ça c’était côté images curieuses et curiosantes
    aussi vous parler de Vincent Madame, côté sonore…http://www.vincentmadame.com

    Amis, bonsoir

  2. roulleau dit :

    bonjour
    j’ai entendu parler de votre lieu, qui m’intéresse bcp
    je souhaiterais recevoir le programme
    serait ce possible?
    merci
    gwennaelle

  3. C. dit :

    Eric,
    Tes réflexions et conversations invitent au raisonnement. Nulle intension de donner quelque leçon. Je salue ton pradigmatisme et ton dévouement. Ce message se veut altruiste. La sensibilité de Ninon ne m’échappe pas.
    Il est vrai que l’invitation dont tu es l’initiateur mène les individus à lire ce blog.
    N’est ce pas dans ce but que tu l’enrichis de réflexions saisissantes ? Je pose l’hypothèse suivante : si le fond du message est riche, et que le monde cherche à le découvrir, n’est il pas contre productif de le lui présenter de si haut ?
    Si haut, qu’un enfant de 5 ans ne pourra jamais l’atteindre.
    Ceux qui participent à cette recherche, poussés par la curiosité qu’ils aiment à nourrir au sein de ce réseau, ont-ils pour obligation de grandir brusquement pour attraper le paquet de bonbons que tu agites fièrement sous leur nez depuis quelques temps ?
    Le phénomène peut tourner au ridicule, incitant même quelques autres à se chausser de talons hauts.
    Tu as raison sur le fait que notre curiosité est une qualité innée, humaine intrinsèquement, si précieuse qu’elle mérite attention et protection.
    Maladroitement usée par une société peu amusante ou trop réprimante.
    L’invitation est noble lorsqu’elle ne mène pas à frustration.
    Le mode et les outils de communication sont un vecteur sensible lorsqu’on se rend porteur d’un message intelligent.
    Porteur ou agitateur ? à toi de choisir ton rôle à présent.
    C.

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