Vendredi 6 Novembre 2009 : LAURENT CHAMBERT : Et si nous cessions d’avoir peur? confrontation 5

CONFRONTATION (5)

Une situation à jouer!

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Toujours et face aux flux continus des programmes TV, sons et images, une alternativité, un autre espace, un autre temps!

Un nouveau rendez-vous ou il s’agira d’une (re)prise de parole!

Laurent Chambert
http://www.laurentchambert.com

Le 25 juillet, Noël Akchoté a joué la partie!
Le 12 septembre, Marin Favre et Jean-Philippe Feiss.
Le 23 octobre, Franck Vigroux

ET SI NOUS CESSIONS D’AVOIR PEUR (5), 20h :

Ce nouveau rendez-vous propose une (re)prise de parole!

Vous serez invité à participer en vous joignant à la conversation engagée! Un brouhaha musical, une improvisation collective et amicale! Ensemble et pour un certain temps, nous referons peut être un peu le monde!

Afin d’activer l’échange à venir, je vous propose ci-dessous, une première tentative de description du projet dans son ensemble. Une réponse donnée pour un entretien qui sera prochainement publié sur le site http://droitdecites.net et le projet WebSYNradio.

Où en es tu dans ton exploration sonore, notamment dans ce que tu articules entre image et son? J’ai ici presque envie de parler de réalisation plus que de performance?

“Je travaille actuellement au développement du projet «Et si nous cessions d’avoir peur» à La Société de Curiosités à Paris. Comment organiser un contexte complet qui puisse trouver une autonomie tout en conservant des liens continus avec un système de diffusion, un media, en l’occurrence télévisuel. Ce n’est pas une proposition critique, il n’y a aucune dualité mais plutôt l’histoire d’une coexistence avec la respiration spatiale et temporelle des deux configurations. Il s’agit d’une invention à vivre en action mais je peux néanmoins décrire les moyens mis en oeuvre.

La télévision est constitutive de notre environnement. Elle s’inscrit dans l’espace privé de façon claire en fonctionnant comme une fenêtre sur le monde. Et dans l’espace public? Objet de la convoitise, des pouvoirs, elle assure une visibilité socialement optimisée. Le politique va jouer une partie de sa représentation via les plateaux, sujets et débats. Elle est comme une arène ou peuvent s’affronter les idées.

On remarque néanmoins que la parole est donnée aux personnes en assurant déjà une certaine maîtrise, aux professionnels, spécialistes, éventuellement bavards ou inoffensifs, à toute parole ayant comme gagné une dimension de “représentation”. Son fonctionnement s’établit sur une relation puissante entre sources de pouvoir et projet général choisi pour notre société. Elle a une grande capacité d’influence, elle fédère efficacement, elle exprime et impose sans violence les modèles à suivre. Pour toutes ces raisons son accès en qualité d’individu, de sujet, fera l’objet d’un examen, d’un préalable, d’une identification. Elle conserve la nature d’un espace clos sur lui même, il est nécessaire de franchir un seuil, le pas d’une porte, d’un studio, il est nécessaire d’être invité, de s’asseoir à la table. La clôture est un des aspect qui peut la différencier du web, espace encore véritablement ouvert. La télévision demeure l’espace par excellence du contrôle.

Tout cela vous le savez déjà!

Nombreux sont ceux qui s’en accommoderont. Il suffit d’obtenir une admission ou audition (comme à la Cour sous l’ancien régime), éventuellement de se contenter d’être parmi le public invité à venir applaudir sur commande ou de participer à des jeux qui vous relèguent au rang de l’inconsistance. Les cinq minutes pour tous, la permanence pour peu, le spectacle de la vie en apnée.

Il ne s’agit pas de se contenter d’une critique, d’attendre une éventuelle entrée en prenant place dans la fil d’attente, d’envoyer une réclamation, d’attendre l’action d’un vote, d’espérer une sanction. Il s’agit dès à présent de faire l’épreuve de ce qui fabrique la télévision elle même, de déconnecter l’imposition d’un sens au profit de la matière première brute et à nouveau malléable, détachée, acceptée. Elle devient disponible pour une nouvelle configuration, disposition, aménagement. Elle rend l’appropriation du temps et de l’espace, l’expérience, l’imprévisible, le spontané, l’improvisation, le sensible.

Avec «Et si nous cessions d’avoir peur», le public est invité à faire une expérience de réception. Les deux configurations diffusées sont distinctes et elle peuvent alterner à tout moment.
L’ouverture est lancée avec le direct du journal de 20 heures.
Le choix d’une source télévisuelle s’étend à toutes les chaînes disponibles. L’image est projetée sur un écran, il marque la limite entre deux espaces ; celui que l’on voit à distance principalement occupé par le présentateur et la salle ou s’installent les spectateurs. La disposition des sièges joue la frontalité d’une salle de projection cinématographique ou la disposition habituelle autour de l’objet télévision. L’écran centralise clairement l’attention. Le son est diffusé dans l’ensemble de l’espace et de façon homogène. Il est comme en général distribué à partir d’un point, contact, source d’un flux, pour rayonner et se répandre dans l’espace.

La télévision ne nécessite pas la production d’un son dans le dos de son spectateur.

Au bout d’un laps de temps, la résolution de l’image change ; il ne s’agit pas d’un zoom, le cadre général ne se modifie pas. Il y a seulement un nombre moins important de pixel pour assurer la définition entière de l’image. Le visuel devient par conséquent abstrait (illisible) tout en conservant la vibration du flux qui continu à être transmis. L’apparition d’un damier géométrique de différentes couleurs et sa simplification reste proportionnelle à la transformation en temps réel du son. La source audio est transformée, elle devient la matière même d’une proposition musicale originale. Il ne s’agit pas d’une déformation mais comme précédemment décrit, d’une reconfiguration. L’image par la stabilité de son cadre ménage l’impression d’une constante ambiguïté. On est placé devant l’impossibilité de savoir de quel côté elle se trouve vraiment : une projection au fond de l’oeil ou bien l’imagination projetant à travers ce dernier?

La musique s’extrait d’une contingence qui pourrait la lier à l’image. Elle produit à son tour ses propres durées, rythmes, couleurs, respirations, intensités, silences. L’espace se retourne littéralement et il contient à nouveau ce qui se passe. Sa mesure retrouve l’étalonnage tangible des corps présents. Ce contexte libère une possibilité à l’improvisation. Il s’agit de faire quelque chose avec ce qui se trouve là, ce que l’on a amené avec soi, un instrument de musique, la voix, son expérience, une identité sans les signes, en action.”

Laurent Chambert, octobre 2009.

Entretien complet disponible à partir du 19 novembre 2009
sur le site http://droitdecites.org/websynradio

A propos ericperrier

Infact-Instant net est une organisation a-centrée passant parfois par moi.
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