JEUDI 22 AVRIL 2010 : ‘DDD’ : ADOLFO KAPLAN – DENIS DUFOUR …

‘DDD’

Une soirée présentée par  Denis Dufour, et les compositeur de BPM75 :  Ai Watanabe, Adolfo Kaplan, Joan Bages, Esteban Anavitarte, Lautaro Vieyra.

Diffusions, écoutes présentations échanges autour de :

1. Denis Dufour : Terra incognita, [1998, 2e mouvement : De quaestione] 08’30

2. Joan Bagès : Naïade Acousmatique[2010] 06’00

3. Adolfo Kaplan : En espirale [2010] 09’59

4. Lautaro  Vieyra : Rhizome – la communication et la conduite [2010] 06’00

5. Esteban Anavitarte : Crash Control / Resident Eve [2010] 23’00

C’est à un voyage dans la jungle invisible des sons auquel sont conviés les visiteurs. Convoquant les sonorités abstraites de l’art acousmatique, ses suggestions et ses énigmes, et les univers plus immersifs de paysages sonores, de trames électroniques et numériques, les musiciens de ce programme invitent au rêve et à l’imagination, dans un dialogue entre Denis Dufour, Esteban Anavitarte, Joan Bagés, Adolfo Kaplan et Lautataro Vieyra.

Denis Dufour convoque en une symphonie de sensations, l’odyssée de l’explorateur qui pose le pied sur une terre nouvelle : franchissements, crissements de pas sur le sable, pénétration dans la forêt vierge, vacarme prémonitoire de machines dévastatrices… [Terra incognita, 1998,De quaestione]. Une jungle, oui, mais une jungle de machines, de signes et de signaux, reflet extrapolé – et presque anticipé – de la prolifération technologique d’aujourd’hui. Une jungle peuplée à partir de déserts et de quelques tourne-disques, instruments qu’à la manière de l’apprenti sorcier de Fantasia Pierre Schaeffer souhaita multiplier sans fin, espérant qu’un orchestre finirait par surgir de cette miraculeuse division.

Joan Bagés nous invite dans son jardin foisonnant et fantastique où ombres et paysages se mélangent, nous proposant d’écouter « le message d’un monde qui nous serait inconnu » [Naïade Acousmatique, 2010]. La naïade, figure mythologique grecque (mais aussi germanique) habite les forêts, les lacs, les rivières. Elle incarne la beauté de la nature et figure ici le mystère presque palpable du son, exaltant le chant de la matière.

Adolfo Kaplan nous fait survoler forêts et rivières tropicales d’Amérique latine, à travers l’évocation de voyages au Brésil, de la ville de Santiago, des forêts du sud du Chili, des courses en moto, des baignades, des sorties en bateau, des vols en avion de tourisme [En espirale, 2010] : un tourbillon de souvenirs d’enfance, de mouvements, de vie, d’abondance et d’énergie suggérant indistinctement inquiétude et enthousiasme.

Lautaro Vieyra nous emmène dans une atmosphère raréfiée où ce qui est pur est contaminé, ce qui est simple est compliqué et où la tension, la distorsion, la violence et la rupture ont la couleur de la fatalité [Rhizome – la communication et la conduite, 2010]. À l’image du rhizome, tige traçante gorgée de réserves nutritives vouée à la  prolifération, la “société moderne liquide” (Zigmunt Bauman) se constitue d’entités appelées à être uniques et individuelles mais où c’est la masse qui détermine ce qu’est être individuel, dénaturant ainsi toutes les valeurs humaines.

Enfin, avec Crash Control / Resident Eve, Esteban Anavitarte se saisit du geste d’effondrement, tout d’abord comme phénomène physique et acoustique. À partir de l’acte physique de démolition dans le sens objectal vu dans sa brièveté (la chose, le corps ou l’objet qui s’effondre avec une puissance décisive et impitoyable) il explore d’autres interprétations du concept : morale, intellectuelle, spirituelle. L’effondrement des idées, des croyances, des buildings, des villes, la dégringolade sociale ou celle d’un homme politique, celle de la raison, l’effondrement de la sagesse, du sens commun… Aux prises avec le paradigme de son origine et de ses effets, accidentels ou causals, il établit dans cette œuvre un parallèle avec la chronologie des attentats du 11 septembre et l’hypothèse d’un coup monté, et compose une partition horizontale et subjective des faits qui vont sans doute bien au-delà des événements rapportés.

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A propos ericperrier

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